Venise,
Biennale 2027 : les autres visions qui ont marqué la sélection du Pavillon belge,
Retour sur les propositions candidates,

Biennale 2027 : les autres visions qui ont marqué la sélection du Pavillon belge © Olivier Campagne - Recherche visuelle - Proto-architecture - 1/1

Parmi les quatre équipes finalistes invitées à remettre une offre pour le Commissariat du Pavillon belge de la Biennale d'Architecture de Venise 2027, une seule a été désignée par le jury. Retour sur les trois autres propositions qui, chacune à leur manière, interrogent les mutations environnementales, sociales et territoriales auxquelles l'architecture est aujourd'hui confrontée.

Les infrastructures obsolètes. Les projets d’architecture qui ne franchissent pas le stade des concours. Les territoires marqués par l’héritage industriel. Des thématiques ancrées au cœur des propositions candidates au Commissariat du Pavillon belge à la Biennale d’Architecture de Venise 2027. Toutes partagent une même ambition : transformer ces préoccupations en ressources et opportunités.

Lancée le 25 juin 2025 par la Cellule architecture de la Fédération Wallonie-Bruxelles, la procédure de désignation d’une équipe pour le Commissariat belge 2027 avait suscité un vif intérêt, avec le dépôt de 25 candidatures. Après une première phase d'évaluation, quatre  équipes candidates ont été invitées à remettre une offre détaillée. Le jury a ensuite évalué les propositions, remises en avril, selon plusieurs critères : qualité du concept, qualité de la scénographie, faisabilité, méthodologie, organisation temporelle et durabilité.

S’il a finalement retenu le projet Domestiquer le bureau, proposé par le Groupement MULTIPLE + Gérald Ledent + Maïa Descamps et consacré à la reconversion des immeubles de bureaux vacants, les trois autres finalistes témoignent aussi de la richesse des débats qui traversent aujourd'hui la discipline architecturale…

Avec Proto-architecture, l'équipe composée de Baukunst et associés + Pierre Caye / Corentin Fivet / Olivier Campagne proposait de poser le regard sur un patrimoine aussi omniprésent qu’invisibilisé : les ouvrages d'art.

En Wallonie, on dénombre près de 6 000 ouvrages d'art dont la gestion mobilise chaque année plusieurs centaines de millions d'euros. Le projet invitait à voir dans leur entretien, leur démontage et leur réemploi une nouvelle forme de création architecturale, s’appuyant sur le cas du viaduc Yves-Gomezée, voué une prochaine démolition-reconstruction.

Portée par MSA + Els Vande Kerckhove / Elodie Antoine, la proposition Pavillon des invendus partait d'un constat : pour chaque projet construit, combien d'autres restent dans les cartons ? Des milliers de candidatures, d'esquisses et de propositions sont écartées chaque année dans le cadre des marchés publics et concours d'architecture.

La proposition entendait valoriser cette production souvent laissée dans l’ombre. Non pas pour remettre en cause les procédures de sélection, mais pour explorer ce que ces projets non réalisés racontent de nos aspirations collectives, de nos inquiétudes et des imaginaires d'une époque.

Le projet Faves - Fables from a hopeful territory, porté par le groupement Linto + Open Field + vvv, envisageait quant à lui de raconter les territoires souvent décrits à travers le prisme du déclin.

Anciens bassins industriels, espaces agricoles sous pression, franges périurbaines. Des paysages qui occupent une place centrale dans les transformations contemporaines mais demeurent fréquemment absents des grands récits sur la ville et le territoire.

Loin d'une vision nostalgique ou strictement patrimoniale, il s'agissait de montrer comment ces territoires inventent déjà de nouvelles manières d'habiter, de produire et de vivre ensemble.

Actualité publiée le
20 août 2026